CHANGER DE METIER

Selon une étude réalisée en 2007 par l’AFPA (Association pour la formation professionnelle des adultes) 56% des français qui ont déclaré vouloir changer d’orientation professionnelle dans les 12 mois suivants cette enquête.

Selon une autre enquête faite en 2002 par l’INSEE, 13% des actifs, c’est-à-dire environ 3 millions de personnes changent de métier chaque année et la tendance va en s’accentuant.


Le modèle des cycles de vie des années 70 qui organisait les temps de la vie en trois étapes dont les seuils étaient clairement identifiés (éducation/formation, vie active avec des transitions professionnelles limitées, retraite) est en effet révolu.

Aujourd’hui les parcours professionnels sont de plus en plus individualisés et diversifiés et peuvent être soumis à de nombreuses transitions : un emploi vers un autre emploi, un emploi vers une période de chômage, une période de chômage vers un emploi, un emploi vers une formation, une période de chômage vers une formation.


Changer de métier s’inscrit dans ce qu’on appelle la mobilité, qui est aujourd’hui devenue une donnée majeure du marché du travail.


La mobilité est à la fois :

  • une nécessité pour les entreprises confrontées à des déficits de main d’œuvre qualifiée qui va s’accentuer avec le vieillissement de la population active.
  • une volonté des pouvoirs publics pour sécuriser les parcours professionnels dans une perspective de lutte contre le chômage
  • une aspiration des salariés eux-mêmes. Près des trois quart des français considère qu’un parcours professionnel réussi consiste à « cumuler des expériences dans des métiers et/ou des entreprises différentes. Et ceux qui en ont fait l’expérience se déclarent satisfait de cette décision à 80%.

La probabilité aujourd’hui de passer sa vie dans la même entreprise est de plus en plus faible.

Longtemps synonyme de promotion au sein d’une même entreprise, la mobilité est devenu un phénomène beaucoup plus complexe. On identifie différents flux et plus particulièrement :


  • La mobilité interne : Les changements de postes ou les promotions au sein d’une même entreprise : un flux assez constant depuis une dizaine d’années
  • La mobilité externe : (en changeant d’entreprise dans un même secteur d’activités) : un flux cyclique lié à la situation économique qui augmente en période de croissance et que l’on observe en majorité dans les petites entreprises.
  • La mobilité géographique
  • Les changements de secteur d’activités
  • Les changements de métiers en début de carrière en vue d’une meilleure insertion.
  • Les changements de métiers à la suite d’une période de chômage
  • Les changements de métiers après plusieurs années dans un même emploi : « la reconversion professionnelle volontaire » (Catherine Négroni).

POURQUOI CHANGER DE METIER ?


Les deux raisons les plus fréquemment évoquées sont :

  • une meilleure rémunération
  • une recherche d’épanouissement personnel.

Viennent ensuite :


  • la recherche de meilleures conditions de travail,
  • une meilleure utilisation de ses compétences

En dernier :

  • une meilleure reconnaissance sociale
  • un temps de trajet moins long


Et quels sont les freins ?

  • la difficulté à trouver un autre emploi
  • le sentiment de ne pas avoir les compétences pour un meilleur emploi


Dans quelles catégories la mobilité métiers est-elle la plus importante ?

  1. Les cadres
  2. Les ouvriers non qualifiés de l’industrie
  3. Les techniciens de l’industrie

CONTEXTUALISATION :

  • Changer de métier au cours de son parcours professionnel est une tendance qui s’amplifie. Cela répond probablement à un besoin d’épanouissement de soi dans le travail, une envie de vivre une vocation, un rêve d’enfant.

Actuellement cette démarche n’est plus considérée comme une lubie qui toucherait des salariés instables. Au contraire, elle tend à être valorisée par les entreprises qui y voient des qualités et des compétences exploitables : capacité à prendre des risques, capacité d’adaptation, autonomie, affirmation de ses choix.

Toutefois certains blocages persistent. En effet si les grandes DRH ont intégré la notion et le potentiel de la transversalité des compétences, les opérationnels ont encore tendance à préférer axer leur recrutement sur les compétences « métiers ».


  • Changer de métier est un processus qui s’inscrit dans le temps. Il pourra même durer plusieurs années.et il nécessite une bonne préparation. Vous aller devoir vous poser des questions importantes. Pourquoi voulez-vous changer de métier ? Vers quel projet professionnel vous dirigez-vous ? Quelles répercussions cela aura-t-il sur votre vie privée ? Qu’est-ce que vous êtes prêt à perdre ? Que comptez-vous gagner ? Quelles échéances vous fixez-vous ? Etes-vous finalement prêt à entamer une démarche de changement plus global ?

Car changer de métier n’est pas qu’une réorientation professionnelle, c’est une vraie bifurcation biographique, une remise en question de son positionnement au monde (Catherine Négroni docteur en sociologie dans son livre « la reconversion professionnelle volontaire »)


MES CONSEILS DE LECTURE

  • La reconversion professionnelle volontaire – Catherine Négroni

QUOI FAIRE ?

Aujourd’hui vous disposez de tout un système de lois vous permettant de vous aider dans votre reconversion : Bilan de compétences, Droit Individuel à la Formation, aide à la création ou à la reprise d’entreprise, la Validation des Acquis Professionnels, La Validation des Acquis de l’Expérience.


  • Le bilan de compétence : il vous aide à définir et analyser vos besoins, identifier vos compétences, à présenter votre projet professionnel et l’affiner en fonction de vos aspirations professionnelles et personnelles.

Le bilan de compétence est encore très peu utilisé dans le cadre de l’entreprise. Seul 1% des salariés en bénéficient et en majorité les cadres ; les salariés craignant que leur demande soit mal interprétée (préparation d’un départ, malaise dans son travail…), les entreprises craignant de ne pas pouvoir satisfaire aux demandes de changements qui résulteraient de ce bilan.

  • L’aide à la création ou la reprise d’une entreprise : cela vous permet de quitter momentanément votre emploi ou de bénéficier d’un temps partiel pendant 1 an renouvelable 1 fois pour développer votre projet de création ou de reprise d’entreprise. En cas de non réussite vous pouvez réintégrer votre emploi ou repasser à un temps plein.
  • La Validation des Acquis Professionnels  et La Validation des Acquis de l’Expérience : elles vous permettent d’obtenir un diplôme, un titre ou un certificat de qualification professionnelle sans formation initiale ou continue et selon d’autres modalités qu’un examen. Il s’agit d’un dossier à constituer mettant en valeur votre expérience professionnelle qui sera soumis à un jury de validation.
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