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LA COMPULSION ALIMENTAIRE

Manger est une nécessité. Chez l’Homme l’apport journalier conseillé en énergie est de 2400 Kcal/jour en moyenne. Cette énergie nous permet de vivre en pleine possession de nos moyens physiques et intellectuels.

Pour la plupart des individus, un repas est un vrai moment de plaisir, de détente, de convivialité, un espace de sociabilisation.

Et pourtant on n’a jamais autant parlé de TAC (Troubles Alimentaires du Comportement) comme l’anorexie, la boulimie, la compulsion alimentaire, l’hyperphagie (compulsion alimentaire à répétition sur un ou des aliments précis), l’orthorexie (obsession d’une alimentation saine),

Alors comment manger peut chez certains cacher une vraie souffrance ? Et vous qu’exprimez-vous réellement quand vous compulsez sur la nourriture? Quand vous vous sentez comme « contraints », « mis en demeure » de manger (étymologie de compulsion : compulsio :containte, mise en demeure)

Comment définir la compulsion alimentaire?

C’est l’acte de manger :

  • Une très grande quantité d’aliments sur une courte période qu’on appelle épisode compulsif et qui dure en général moins de 2 heures
  • Sans éprouver de plaisir particulier
  • Mais en ayant l’impression de perdre totalement le contrôle de sa consommation. Contrairement au comportement boulimique, cet épisode de compulsion ne s’accompagne pas de purge secrète. En revanche comme la boulimie, c’est un comportement que l’on cache.
  • Qui s’accompagne d’un sentiment très fort de culpabilité.

C’est finalement un besoin impératif de nourriture à satisfaire à tout prix à un instant t caractéristique d’un comportement de type addictif.

La compulsion est un des troubles du comportement alimentaire le plus répandu, qui touche les hommes comme les femmes quelque soit leur âge (on l’observe néanmoins en majorité chez des personnes seules et chez des femmes de 15 à 35 ans) . Paradoxalement c’est celui qui reste le moins bien compris.

La compulsion peut s’orienter sur toutes formes de nourritures mais le plus souvent il s’agit d’aliments gras et/ou sucrés. Le sucré renvoyant peut-être l’adulte compulsif à des souvenirs d’enfance où le bonbon était synonyme de consolation.

La compulsion alimentaire n’est pas une pathologie en tant que telle. Elle peut en effet être occasionnelle, liée à des circonstances particulières ou exceptionnelles dans la vie d’un individu. Elle devient pathologie lorsqu’elle est répétitive; on parle alors d’hyperphagie ou de « Binge Eating Disorder » (=épisodes récurrents de crises de boulimies, pathologie identifiée en 1993 par Spitzer).

Et tandis que la personne boulimique parvient à maîtriser son poids par la purge secrète, l’hyperphage est la plupart du temps en surpoids. Selon les premières estimations faites au début des années 2000, 20 à 50 % des individus en surpoids qui consultent en vue de maigrir seraient sujets à ce type de comportement alimentaire.

Contextualisation : Ce qui est délicat dans la compulsion alimentaire c’est qu’elle est souvent qualifiée de gourmandise excessive et a tendance à ne pas être pris au sérieux par l’entourage. On a tendance à culpabiliser la personne en mettant en question son manque de volonté, un peu comme un fumeur qui n’arrive pas à s’arrêter de fumer. Hors la compulsion alimentaire exprime des sentiments plus profonds.

  • Une terreur « d’être vide » et donc un besoin d’avoir plus, plus de tout ce dont la personne se sent privée au moment de la compulsion. Il peut s’agir d’un manque d’amour, d’affection, d’attention et aussi de temps.
  • Une impression de solitude. A la différence des personnes, la nourriture est toujours là, sous la main, disponible.
  • Une souffrance, un sentiment d’insécurité. Avoir quelque chose dans la bouche permet d’oublier des blessures et de se rassurer.
  • Une colère refoulée: la nourriture peut sembler être une forme non dangereuse d’expression de sa colère. On reste extérieurement aimable et on se défoule sur la nourriture
  • Un conflit régulier entre perte de contrôle et volonté de contrôle. Comme nous l’avons précédemment évoqué la compulsion alimentaire s’inscrit dans un schéma perte de contrôle de la consommation- sentiment de culpabilité. Le sentiment de culpabilité éprouvé après un épisode compulsif va conduire la personne compulsive à de drastiques restrictions voire privations de nourriture. Elle reprend ainsi le contrôle sur la nourriture et donc sur elle-même. Mais restrictions et privations vont intensifier encore plus la perte de contrôle de l’épisode compulsif suivant, puis la culpabilité, puis la restriction : la spirale s’est enclenchée.
  • Une faille dans l’estime de soi: le mangeur compulsif considère qu’il a peu de valeur. Comme nous l’avons déjà laissé entendre, le mangeur compulsif a des problèmes avec son poids (à raison souvent, parfois à tort). Il voit en lui deux personnages : un à l’extérieur qui est trop gros et sans aucun intérêt. Un autre à l’intérieur mince, doué, compétent qui n’attend qu’à se manifester: le véritable lui en gestation. Mais quand il se regarde il ne voit que le personnage qui contient tous les aspects détestés de sa personnalité.
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COMMENT MIEUX GERER LA COLERE

Mieux gérer votre colère explosive

  • Diminuez les causes d’énervement en évitant de laisser s’accumuler les petites contrariétés
  • Définissez des priorités : tout n’est pas important
  • Considérez le point de vue de l’autre : il ne fait pas les choses exprès pour vous mettre en colère
  • Face à une situation conflictuelle, laissez passer une nuit de réflexion. En réagissant directement vous augmentez les risques de vous laisser submerger par votre colère.
  • Restez centré sur les causes directes et immédiates de votre colère sans vous préoccupez de griefs passés
  • Laissez le temps aux autres pour exprimer leur point de vue
  • Si vous sentez que vous perdez votre contrôle, reportez la confrontation ; vous éviterez les débordements verbaux et physiques qu’inévitablement vous regretteriez.
  • Tournez la page une fois le conflit passé.

Mieux gérer votre colère refoulée

  • Vous avez le droit d’accorder de l’importance à des faits

  • Vous pouvez prendre le risque d’exprimer votre colère, vous serez quand même aimé.

  • Trouvez une voie d’expression à votre colère. Préparez et répétez vos colères

  • N’acceptez pas les réconciliations immédiatement, exprimez vos doutes, vos envies

  • Vous avez le droit d’être en colère, ne culpabilisez pas

UN PETIT TRUC : DONNER DE “LA VIE” A VOTRE COLERE

Vous êtes en colère. Posez ou accrochez une grande feuille de papier devant vous, un marqueur de couleurs différentes dans chaque main. Fermez les yeux et exprimez vos émotions en gribouillant sur la feuille. Une fois votre colère apaisée vous en aurez une matérialisation graphique. Ainsi la colère n’est plus en vous de manière abstraite mais à l’extérieur de vous, concrète et exprimée.


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LA COLERE

C’est quoi exactement la colère ? A quoi ça sert finalement ?

Alors  vous vous mettez facilement en colère ? Votre cœur bat plus vite, votre gorge se serre, vous ressentez une douleur dans la poitrine, des picotements derrière la tête, vous avez chaud…C’est tout simplement votre bile qui s’échauffe!!!!! (étymologiquement colère vient du grec kholê qui veut dire bile d’où Choléra : échauffement de la bile ou bile chaude, Cholère puis colère).

La colère est une émotion dite fondamentale ou primaire : elle est universellement identifiable et fait partie des 6 émotions fondamentales de Darwin (1872: les big six) et des 6 émotions primaires inventoriées par Paul Ekman (psychologue américain – 1934) à la fin des années 60 dans son Facial Action Coding System.

La caractéristique d’une émotion primaire est qu’elle est associée universellement à une expression faciale reconnaissable.

Paul Elkman pour le démontrer s’est installé en Nouvelle-Guinée dans une tribu Papou qui n’avait eu que très peu de contact avec la civilisation occidentale. Il a demandé à un Papou de mimer la colère et l’a pris en photo. Le Papou a froncé les sourcils, serré les mâchoires et crispé les lèvres dans une moue menaçante. De retour aux USA il a montré les clichés à des Américains ignorant les us et coutumes des Papous qui ont immédiatement identifié la colère. Les Papous devant des clichés d’américains mimant la colère ont eu exactement la même analyse.

L’expérience a été reconduite dans 21 cultures différentes sur les 5 continents. Les résultats ont toujours été les mêmes.

Savez-vous ce qui a déclenché votre colère?

D’après les cognitivistes, votre colère est le résultat d’une série d’évaluations quasi-instantanées que vous avez faites face à un événement :

  • Vous l’avez jugé indésirable, c’est-à-dire non conforme à ce que vous attendiez et vous vous sentez donc frustré
  • Vous avez l’impression que derrière cet événement il y avait intention de vous nuire et vous vous défendez
  • L’événement est contraire à votre système de valeurs et vous vous révoltez
  • Vous avez envisagé la colère comme réaction possible.

La colère  est une émotion qui fait toujours peur.

Dans la mythologie, la peur a été engendrée par l’Air et la Terre Mère en même temps que la Terreur, l’Habileté et la Dissension.

Elle est censurée depuis toujours par les religions : elle est un des 7 péchés capitaux chez les Catholiques où seul Dieu à droit d’être en colère (L’ire de Dieu, matérialisée par un ouragan, un souffle terrible qui détruit tout). Elle est également un des 3 poisons de l’esprit chez les bouddhistes (avec l’avidité et l’ignorance).

Elle donne la sensation de pouvoir devenir « fou » de rage (mad comme disent les anglo-saxons pour qualifier une personne en colère), de pouvoir dire ou faire des choses dont on ne sera pas fier voire de commettre l’irréparable. Elle affecte directement « l’estime de soi ». En effet, la colère s’appuie sur des sentiments préexistants de peur, d’anxiété, de vulnérabilité qui à la suite d’éléments déclencheurs dont nous avons déjà parlé nous conduit à des explosions de rage, des pertes de contrôle de soi qui ternissent notre « estime de soi ». Ces explosions de rage et ces pertes de contrôle nourrissent encore un peu plus les sentiments d’anxiété, de peur, de vulnérabilité, nous rendant encore plus sensibles aux éléments déclencheurs de la colère. Un cycle boule-de-neige.

Savez-vous quel type de colère vous anime ?

Ron et Pat Potter-Efron dans leur livre « Que dit votre colère » ont classé la colère en trois grandes catégories chacune regroupant différentes formes de colère.

Les colères masquées : pas de manifestation physique, sentiment non exprimé à autrui et à soi-même

  • La colère refoulée : vous ne vous mettez surtout pas en colère sinon vous risquez de ne plus être aimé.
  • La colère sournoise : vous exprimez votre colère par des moyens détournés (par exemple en ne vous acquittant des tâches qui vous incombe)
  • La colère paranoïaque : vous attribuez aux autres votre propre colère.

Les colères explosives : éclatement physique et manifestation de ses sentiments à autrui

  • Les soupes au lait : vous explosez sans vous contrôler et vous calmez sitôt l’orage passé.
  • La colère née de la honte : vous retournez votre colère contre autrui car vous croyez avoir été humilié.
  • La colère délibérée : vous utilisez votre colère pour asseoir un pouvoir sur l’autre
  • La colère drogue : vous avez besoin de cette décharge d’adrénaline intense pour exprimer  vos émotions.

Les colères chroniques : un mal-être et vivre constant

  • La colère habitude: vous êtes toujours en colère, mais vous ne savez même plus très bien pourquoi
  • La colère morale : vous dédiez votre colère à de soi-disantes bonnes causes
  • La haine : vous vous sentez victime et utilisez votre colère comme une arme

Pourquoi parler aujourd’hui de la colère ?

Parce qu’elle fait partie de votre intelligence émotionnelle au même titre que d’autres émotions à priori plus positive. En l’acceptant comme partie intégrante de vous-mêmes, elle n’est plus un ennemi mais un colocataire qui aurait tendance à s’exprimer par l’explosion ou l’inhibition. En gérant ses extrêmes, en apprenant à sentir sa manifestation et en contrôlant ses expressions, la colère devient un outil efficace de résolution des conflits.

Parce qu’en comprenant votre propre colère vous devenez moins impressionnée par la colère de l’Autre.

Parce que la colère vous indique ce qui vous révolte dans le monde et en la transformant en énergie positive vous vous donnez parfois ou souvent les moyens d’agir. Elle vous donne confiance en vous et vous permet de vous affirmer.

Une petite phrase d’Aristote pour réfléchir

« Etre en colère contre la bonne personne, juste ce qu’il faut au bon moment pour un bon motif et de la bonne façon, ce n’est pas facile »

Et une petite phrase de Montaigne pour conclure

« Quand on me contrarie, on éveille mon attention, non pas ma colère »

Mes conseils de lecture

L’ABC des émotions : un guide pour développer son intelligence émotionnelle – Claude Steiner avec Paul Perry

Les émotions : une intelligence à cultiver – Frances Wilkes

Que dit votre colère ? – Ron et Pat Efron

La force des émotions – François Lelord et Christophe André

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