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COMMENT MIEUX GERER LA JALOUSIE

- Ne refusez pas le fait d’être jaloux mais refusez de vous laissez détruire par la jalousie.

-Communiquez avec votre conjoint pour lui expliquer ce que vous ressentez, ce qui vous fait souffrir.

- Ne fantasmez pas sur l’infidélité de votre conjoint; évitez donc de fouiller dans ses affaires (poches, téléphones portables, ordinateurs),d’écouter ses conversations téléphoniques : vous aurez tendance à considérer n’importe quel détail comme preuve de son infidélité.

-Repensez au début de votre relation et du sentiment de confiance que vous ressentiez.

-Imaginez la sensation de l’autre sous la pression continuelle de votre jalousie.

-Accordez-vous des moments où vous vous occupez uniquement de vous.

-Imaginez-vous vivre sans l’autre

-Exprimez vos sensations par écrit

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LA JALOUSIE

De nombreux petits clignotants émotionnels se sont allumés devant une situation que vous ressentez comme une menace. Vous ne savez plus si vous êtes en colère, si vous avez peur ou honte et parfois vous êtes même un peu triste.

La jalousie est une émotion complexe, elle ne fait pas partie (à l’inverse de la colère) des Big Six de Darwin ou des émotions primaires identifiées par Ekman. Elle n’a pas une expression faciale universelle derrière laquelle se rassurer. Nous réagissons tous plus ou moins différemment à ce zèle (étymologie de jalousie = du latin zelosus lui-même tiré du grec zélos = ardeur, ferveur, désir intense) envers l’être aimé. Et le zèle n’est pas fondamentalement une mauvaise chose sauf quand il rend dépendant d’un désir possessif, intoxiqué (en Allemand le mot jalousie « eifersüchtig » est d’ailleurs construit à partir du mot eifer = zèle et de l’adjectif süchtig = intoxiqué).

Sait-on pourquoi nous sommes jaloux?

On peut avancer différentes théories.

  • La biologie

On a pu observer chez certaines personnes jalouses un déficit en sérotonine ou un taux élevé d’œstrogène (plus particulièrement chez la femme).

Si on reconnaît un lien possible entre neurobiologie et jalousie, elle ne peut pas en être le seul élément explicatif. Ils existent forcément d’autres facteurs liés à des ressorts plus émotionnels. EN BREF « Le cerveau sûrement… mais surtout le cœur !!! ».

  • Des racines psychologiques

La peur de la solitude et de l’abandon légitime chez le petit enfant sont des peurs que va conserver à des degrés différents l’adulte. La jalousie devient chez l’adulte un moyen d’exprimer cette peur de l’abandon et de la solitude.

  • Un héritage génétique : l’approche des évolutionnistes

L’homme préhistorique dans un environnement difficile où il doit mobiliser son énergie pour assurer sa survie et celle de sa descendance ne veut pas prendre le risque d’avoir à nourrir des enfants illégitimes. En même temps il doit garder un potentiel reproductif élevé pour assurer la survie de l’espèce (tendance à avoir plusieurs partenaires). La femme préhistorique elle craint de se retrouver sans nourriture si l’homme la délaisse. Une approche tout de même un peu machiste !!!!!

  • Le culturalisme

La jalousie se développe et s’exprime sous des formes variables selon l’éducation que l’on reçoit et le groupe social auquel on appartient.

Mais en fait aucune de ces approches n’est à elle seule satisfaisante. En fait la jalousie se développe à partir d’un socle commun auquel viennent s’ajouter des mécanismes inconscients, votre éducation et votre expérience personnelle.


La jalousie est une émotion aux multiples visages

Elle prend des formes différentes : Par exemple, la jalousie due à un amour non réciproque ou la jalousie suscitée par le soupçon d’un amour qui n’existe pas ou encore la jalousie suscitée par un comportement léger, la jalousie due à une relation platonique. La jalousie rétrospective (on est jaloux des relations passées de l’autre) et non pas suscitée par un danger immédiat ou par un futur fantasmé…..etc, etc……

Elle s’exprime de manières différentes.

Selon la personnalité de la personne jalouse mais également de celle du partenaire

Selon le sexe : Les femmes ont tendance à être plus jalouses de l’apparence physique d’une rivale. Elles sont plutôt sensibles à la trahison sentimentale.Les hommes sont plutôt jaloux du potentiel social de leur rival. Ils sont plutôt sensibles à la trahison sexuelle. Les réactions ont néanmoins tendance à s’uniformiser (notamment avec l’évolution du rôle de la femme dans la société)

Selon la culture et notamment en fonction de la place de la sexualité dans une société

Son intensité est variable. L’intensité de la jalousie dépend de trois facteurs:

L’engagement dans la relation en termes de dépendance affective et d’espoir pour l’avenir

La perception de l’engagement de l’autre et donc du niveau d’insécurité dans la relation

La capacité individuelle à ressentir les émotions.

Virginie Volterra neuropsychologue italienne a proposé en 2003 la classification suivante :

  • Une jalousie normale : « ce petite piquant qui nous effleure parce qu’on a envie de garder près de nous l’être aimé »
  • Une jalousie qui implique des contrôles continus (qui nous pousse à surveiller incognito par les petites fenêtres, les jalousies)
  • Une jalousie obsessionnelle provoquée par une projection de notre propre infidélité ainsi que de notre manque de confiance en soi
  • Une jalousie délirante née de notre seule imagination

Elle s’appuie probablement sur la classification en 3 degrés de Freud :

  • La jalousie normale ou concurrentielle que Freud relie à la peur de perdre le sein maternel chez l’enfant
  • Une jalousie projetée : celle de sa propre infidélité
  • Une jalousie délirante :liée à la dénégation de sa propre homosexualité.

Finalement qu’est-ce qu’on peut dire aujourd’hui de la jalousie ?

C’est une émotion complexe, multifacettes

C’est une émotion qui a une image négative. Dans un couple elle est le premier mobile d’actes délictueux voire criminels.

Elle est décrite tout à la fois comme preuve d’amour et preuve de désamour

Elle est étroitement liée à notre vision de la fidélité, à l’image du couple, de la famille, du sexe qui s’est considérablement modifiée.

Nous sommes très nombreux à vivre avec.25% des personnes se disent très jalouses et 45% jalouses. Ces chiffres sont probablement inférieurs à la réalité car il n’est jamais facile d’avouer sa jalousie ni même de se l’avouer à soi-même.

Mais c’est une émotion normale, naturelle, qui fait partie de l’équipement psychologique de l’être humain. Comme toute émotion il est important de pouvoir :

L’intégrer et non pas la nier

L’exprimer : pour l’expliquer à l’autre, mieux la comprendre soi-même, mieux comprendre celle de l’autre

S’interroger : sur des événements liés à l’enfance, des ruptures du passé responsables de certaines peurs , sur la confiance en soi, sa confiance en l’autre, l’estime de soi (faible ou également trop)

L’utiliser au mieux pour nourrir sa vie amoureuse

Mes conseils de lecture

La jalousie – Willy Pasini

La force des émotions – François Lelord, Christophe André

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