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DIRE NON

Vous avez du mal à dire non….

Et nous sommes nombreux dans ce cas. Tout simplement parce que notre éducation d’abord (parentale et scolaire) et puis l’ensemble de la société ne favorise pas l’usage du non. Si nous avons du mal à dire non, nous avons également du mal à l’entendre.

Le oui est une marque d’obéissance, de politesse, de respect. Le non est symbole d’irrespect, d’opposition, de rébellion.

C’est probablement la raison pour laquelle les femmes ont plus de mal à dire non que les hommes. Elles subissent malheureusement encore aujourd’hui les archétypes de la femme qui doit respect et obéissance à l’homme.

Alors est-ce que la liberté c’est le pouvoir de dire non ? Est-il plus facile de changer ses désirs que l’ordre du monde ?

Et à quoi dire non ? Aux appétits comme Montaigne, aux opinions comme Platon, à un prix Nobel comme Jean-Paul Sartre ?

Et dire oui uniquement par contrainte ne finit-il pas par attiser la colère. (« Un homme en colère est un homme qui n’a pas su dire non et éprouve, en plus le remord de ne pas l’avoir fait » Tahar Ben Jelloun)

La difficulté à dire non remonte à la petite enfance. Dès l’âge de 2/3 ans, l’enfant traverse ce que l’on appelle une phase d’opposition pendant laquelle le non semble être la seule réponse qu’il formule. Il exprime ainsi sa volonté d’agir seul, il affirme son indépendance. Il est alors (même si les choses ont quand même tendance à évoluer justement parce que l’on a compris cette mécanique) régulièrement soumis au chantage affectif de ses parents (si tu dis non, tu es un méchant garçon, tu ne fais pas plaisir à ta maman…)

Il se retrouve ainsi tiraillé entre sa volonté d’autonomie et la peur de perdre l’amour de ses parents.

A cette relation d’opposition succède une période pendant laquelle l’enfant, pour être sûr d’être aimé, se soumet au modèle d’exigences et d’obéissance de ses parents et ne dit plus non.

L’adulte aurait inconsciemment intégré ce schéma « non = peur de ne pas être aimé » et serait toujours en conflit intérieur entre sa volonté de dire non et celle de ne pas le dire.

Il est d’ailleurs toujours plus facile de dire non lorsque l’on est en position de supériorité, l’inverse nous renvoyant à ce modèle parental.

Dire non déclenche en nous devenus adultes des peurs liées à ce risque de ne pas ou plus être aimé :

La peur d’être critiqué, jugé

La peur des conflits

La peur de blesser

La peur de décevoir

La peur d’avoir à argumenter, à se justifier

En revanche dire oui donne un sentiment de puissance : on croit consolider notre image : on est super sympa, super compétent, très serviable etc.

Alors pourquoi est-ce important d’apprendre à dire non ?

Parce que dire non c’est :

Affirmer ses choix, sa différence, ses limites, sa personnalité

Gagner le respect des autres

Mieux se respecter soi-même

Dire non, c’est donc construire et alimenter la confiance en soi. Finalement c’est contribuer à l’estime de soi.

Et puis dire non renforce l’intensité de nos oui…

Il ne s’agit pas maintenant de dire systématiquement non mais de trouver une troisième voie ce que William Ury (William Ury est diplômé de Yale et de Harvard , directeur du programme d’enseignement de la négociation à Harvard) appelle le non-positif :

« Entre le non blessant qui détruit les liens, le oui pour éviter le conflit mais accumuler des frustrations, il existe une troisième voie, le non-positif qui permet de refuser sans offenser, de s’affirmer sans compromettre nos relations. »

Et si finalement la liberté s’exprimait par le consentement et par le refus tant que les motivations de ces choix sont purement des expressions de notre volonté et non de contraintes .

CONSEILS DE LECTURE

Savoir dire non – Marie Haddou

Oser – Thérapie de la confiance en soi – Frédéric Fanget

Savoir s’affirmer en toutes circonstances – Dr Charly Cungi

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COMMENT REFUSER UNE DEMANDE

- Si c’est possible préparez-vous à la situation et même répétez

- Écoutez la demande et si nécessaire faites-la préciser

- Si vous ne vous n’êtes pas préparé à la situation, accordez-vous un temps de réflexion, vous pouvez reporter l’entrevue ou la conversation téléphonique

- Si vous avez un délai de réflexion, essayez de vous reformulez positivement les conséquences de votre refus

- Exprimez votre refus et les raisons de votre refus précisément et avec conviction

- Employez le « Je »

- Si votre interlocuteur insiste, reformulez votre refus et les raisons de votre refus (la méthode du disque rayé)

- Recherchez des alternatives ou des compromis si vous pensez que c’est possible

mais ne confondez pas alternatives et justifications

- Faites la distinction entre ce que vous refusez et la personne à qui vous le refusez

- Terminez chaleureusement la conversation.

- Ne culpabilisez pas même si la conversation a été ou vous a paru difficile

Pensez à toutes les choses positives que vous ressentez

L’exercice de la cible

- Définissez les situations dans lesquelles vous avez à formuler des refus : travail, famille, amis…

- Classez ces situations des plus difficiles vers les plus faciles

- Exercez-vous à exprimer vos refus dans les situations qui vous ont semblé les plus faciles selon les conseils précédemment suggérés

- Quand vous avez réussi à exprimer votre refus dans les situations jugées les plus faciles, passez au situations plus difficiles et ainsi de suite

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